Barry Baltus

Après une première saison en Moto3, à 17 ans à peine, Barry Baltus a disputé cette année sa deuxième saison en Moto2 au sein du Team RW Racing GP. Le jeune belge rêve un jour d’intégrer la catégorie de MotoGP.

Barry a fait le déplacement depuis la Belgique pour participer à cette série d’interview. Nous sommes revenus sur ses habitudes avant chaque course, son jeune âge en tant qu’athlète de haut niveau, son équipement ainsi que sa vision de demain.

Equipé par RST, Barry porte l’airbag In&motion dans sa combinaison et nous sommes fiers de suivre ce jeune pilote.

27/05/2022 – Photos & Vidéo: Alban Nieroz Studio – Temps de lecture: 10 min

Qui es-tu ? 

Je m’appelle Barry Baltus, j’ai 17 ans, et j’habite à Namur en Belgique. Ma vie c’est la moto.

Quel est ton rapport à ce sport de compétition?

Mon père m’a initié à la moto quand j’étais tout jeune, j’avais 2 ans et demi. Il m’a dit que quand je saurai rouler à vélo sans petites roues, j’aurais ma première moto donc j’ai essayé de rouler à vélo sans petites roues puis j’ai eu ma première moto et c’est venu comme ça. Puis j’ai roulé un peu comme ça dans le jardin derrière et puis j’ai fait un petit peu de cross mais bon je n’aimais pas trop le cross parce qu’à chaque fois qu’on revenait on était sale donc je me suis redirigé vers la vitesse. Et puis on a commencé comme ça dans des compétitions en Belgique et puis après ça on est directement allé en Espagne parce que le niveau était plus élevé. Puis j’ai fait la Red Bull Rookies Cup, le Championnat d’Europe et puis je suis arrivé en Grand Prix et c’est ma troisième saison en Grand Prix.

Comment la moto est passée d’une passion à en faire dans un jardin, à quelque chose qui prend une place importante dans ta vie?

Les résultats étaient bons, j’étais  assez fort donc on est directement allé en Espagne parce que le niveau était beaucoup plus élevé. Puis, j’ai fait deux ans à la Redbull Rookies Cup, deux ans au championnat d’Europe Junior et après je suis arrivé en Grand Prix,  j’ai fait une saison en moto3 où là c’était un peu compliqué parce que je suis assez grand pour la moto3 donc je suis ensuite allé en moto2. Là c’est ma 2ème saison en moto2.

Quelles sont les émotions très fortes que tu traverses sur un weekend de course?

C’est sur les émotions sont très fortes. Moi je ne retrouve ça que sur le week-end de Grand Prix. Le stress avant la course c’est quelque chose de particulier. Je n’ai jamais de stress en dehors des Grands Prix, donc c’est sur qu’il faut gérer ce stress et c’est très compliqué. Il y a beaucoup de gens qui derrière leur télévision croient que ce n’est que rouler à moto mais derrière il y a beaucoup beaucoup de choses.

Est ce que tu as des rituels , des manies pour essayer de canaliser ce stress?

Déjà je travaille beaucoup sur ma respiration. Les gens qui roulent à moto souvent ne pensent pas à respirer. Moi sur la moto je pense à respirer, où respirer, quand respirer, quand c’est le meilleur moment pour respirer et puis oui, c’est sûr, que tout le monde a des manies par exemple mettre sa botte droite en premier, moi je met toujours ma botte droite en premier, mon gants droit et puis j’ai des petits porte-bonheur sur moi qui j’espère portent chance.

Et justement quand tu parles d’équipement, est ce que tu passes en mode course quand tu mets tes équipements?

Dès la semaine du Grand Prix on passe dans un autre mode je trouve. Quand il n’ y a pas de Grand Prix, on est beaucoup plus relax. Mais quand on arrive par exemple lundi, déjà pendant le voyage je me prépare mentalement pour le Grand Prix. Ensuite, il y a tout un rituel avant la séance ou avant la course qui fait que je suis prêt quand j’arrive sur la moto : il y a un échauffement, un échauffement mental, et puis tu t’habilles et là, tu es prêt. Il y a un cadre dans la séance donc tout est préparé en amont.

A ce niveau la quand tu es dans les 50 meilleurs pilotes mondiaux, comment tu arrives à continuer à progresser et aller chercher la performance ultime? 

On progresse tous les jours, on va dire, mais en ce qui me concerne, si on compare l’année passée et cette année, j’ai vraiment eu un déclic dans ma tête. Il faut s’entraîner par exemple physiquement, s’entraîner à moto mais il y a énormément de  mental je trouve parce qu’ à ce niveau là, quand on est 25 pilotes dans moins d’une seconde je trouve que ce n’est plus vraiment du pilotage mais surtout du mental et de la préparation mentale.

Bien sûr dans cette recherche de performance, le but c’est de d’ailleurs pousser les limites, en début de saison tu as eu une chute. Qu’est ce que la chute représente pour toi dans cette recherche de performance? Comment tu gères cette notion de risque de chute?

Quand on roule on ne pense pas à tomber mais bon ça arrive quand on dépasse un peu la limite, on tombe donc c’est sûr que sur un week-end on voit 10, 15 chutes, parfois plus. Donc oui la chute, ça fait partie du job donc il faut avoir confiance en l’équipement, confiance dans le matériel qu’on utilise pour être sûr qu’on est bien protégé mais bon moi je n’ai pas de problème avec ça.

Ça fait combien de temps que tu roules avec un airbag? 

Je crois que ça va être la quatrième saison que j’utilise un airbag. J’ai commencé ma première saison en Red Bull Rookies Cup lors de ma première saison, on était obligé d’utiliser un airbag et j’ai eu une très grosse chute, et là je me suis dit  “Merci à l’airbag”.

Tu peux nous décrire un peu la sensation que tu as dans une chute? Qu’est ce qu’il se passe dans la tête à partir du moment que tu sens que la moto est couchée? 

Parfois, on ne voit rien tellement ça va vite, par exemple, un high side ça va tellement vite que tu vois la moto décrocher puis tu te vois en l’air et directement à terre et parfois quand tu arrives à terre tu ne te souviens plus de rien, ça m’arrive assez souvent. Il n’y a pas grand chose à faire à part quand tu glisses, tu sais un peu gérer où te diriger mais bon quand tu fais un High side, c’est plus compliqué.

A ce moment-là est ce que tu sens l’airbag se gonfler ou ça se passe tellement vite que tu le sens après, quand tu te relève?

Lors de l’impact, quand on est toujours conscient on sent l’airbag se déclencher, on fait un petit bond avec l’airbag.

Quand tu as été amené à porter l’airbag, tu parlais d’obligation sur la Red Bull Rooky Cup, comment l’as-tu perçu ? 

Au début j’étais un peu contre parce que j’étais déjà tellement lourd que l’airbag amenait encore plus de poids donc au début j’étais un peu contre mais bon après pour la sécurité c’est sûr que c’est beaucoup mieux. Et puis c’est sûr que c’est plus lourd mais bon, tous les pilotes en ont un donc ça rajoute du poids pour tous les pilotes donc à la fin ça ne change rien.

Pour l’instant je n’ai eu aucun problème avec l’airbag. Ça a toujours déclenché quand il fallait je crois que ça sauve beaucoup de vie sur la route tous les jours même en Grand Prix je crois que ma première chute avec l’airbag en Red Bull s’ il n’y avait pas d’airbag je serai plus là aujourd’hui. C’était dans la ligne droite je me suis accroché avec un pilote je suis tombé plein tube au bout de la ligne droite donc c’est sûr que ça m’a aidé mais bon je crois que c’est c’est très important il faut continuer avec l’airbag.

Est ce que dernièrement tu as une anecdote à nous raconter avec ton airbag, une chute? Un gonflage? 

Bah je crois que ma dernière chute c’était en Indonésie,  je me suis cassé le bras. J’étais après un tour rapide, je décélérais et le circuit était un peu sale, je me suis pris un High side donc l’airbag à déclenché. Je n’avais rien de grave juste une fissure au bras mais quand tu te relèves tu sens directement qu’il y a quelque chose de cassé et puis tu es un peu comme un bonhomme Michelin parce que t’es gonflé.

Est ce que d’avoir cette protection contribue en partie à revenir sur les courses plus rapidement et moins appréhender la chute?

Oui je crois que ça aide pour la confiance d’être plus protégé. On roule à des grandes vitesses et si tu ne fais pas pas confiance au matériel, il faut arrêter. Je crois que ça m’aide de rouler avec l’airbag, ça me met plus en confiance donc j’ai moins peur de la chute.

Si tu devais parler à un jeune pilote qui arrive sur une compétition et qui ne veut pas par crainte que ça le gêne. Quels conseils lui donnes-tu ?

Dans toutes les petites catégories, on regarde le poids. Les grammes font la différence mais je dirais qu’il faut le porter. Une vie on en a qu’une donc il faut la préserver. Il faut mettre l’airbag parce que comme le dit Marquez “un corps on en a qu’un et des courses il y en a beaucoup”.

Comment tu vois la suite de ta carrière, de ton sport?

Il est évident que tous les pilotes veulent aller en MotoGP mais sur toute la terre il n’y a que 25 pilotes qui y sont sur une année donc c’est très très compliqué, le niveau est très haut, en MotoGP il faut vraiment un talent maximum. Ce sont les meilleurs pilotes du monde qui s’affrontent tous les weekends.

Pour le moment, j’essaie de faire ma place en Moto2, ce n’est que ma deuxième saison et j’ai 17 ans. En moto, on n’a pas vraiment le temps : il faut directement aller vite et faire sa place.

C’est ma deuxième saison, je progresse pas mal, j’ai terminé 10ème au Grand Prix aux US, c’est mon meilleur résultat pour l’instant. Maintenant, il faut continuer sur cette voie, il faut continuer à progresser et on verra ce que le futur me réserve. C’est sûr que dans un coin de la tête il y a le MotoGP mais avant il faut faire sa place en Moto2 pour arriver peut être un jour en MotoGP.

Qu’est ce qu’il  t’aide à voir l’avenir sereinement? 

En moto2, on ne peut jamais être serein parce que l’année prochaine je peux être dehors, donc c’est dur d’être serein. Moi j’ai des contrats d’un an donc à la fin de l’année si je n’ai plus de contrat, je n’aurai peut être plus de moto mais il ne faut pas se mettre la pression avec ça, il faut vivre au jour le jour; faire les résultats, donner le meilleur de soi même et puis peut être que l’année prochaine je serai toujours là peut être que l’année prochaine je ne serais plus là mais bon je crois que si l’année prochaine je ne suis plus là, il y a d’autres catégories où je pourrais performer. Il y a toujours moyen d’aller quelque part.

Tu as toujours connu l’airbag, est ce qu’il arrive de te dire “comment faisaient les pilotes avant sans autant de protection”? 

Avant, c’était beaucoup plus dangereux quand on regarde, il y a 15-20 ans, les circuits ont beaucoup progressé, il y a beaucoup plus de dégagements. Maintenant, par exemple toutes les 2 / 3 courses, la Dorna fait une réunion avec les pilotes pour voir ce qui peut être amélioré, ce qui peut être fait pour prendre moins de risques même s’ il faut toujours prendre des risques. Mais c’est sûr qu’il y a 20 ans, les pilotes prenaient d’énormes risques, ils n’avaient pas d’airbag, les cuirs ce n’étaient pas les cuirs de maintenant et ils roulaient déjà à la même vitesse que maintenant.

Tu te verrais aujourd’hui prendre le départ d’une course sans l’airbag?

Oui et non, ça dépend de quel genre de course. Par exemple, quand je vois le spilotes qui roulent au TT ça m’impressionne toujours parce qu’ils roulent à 250 – 300 km/h sur des routes. Sur un circuit, si tu tombes, tu sais qu’il y a du dégagement et après il y a les graviers donc il y a des risques mais beaucoup moins que pour eux qui vont à la même vitesse que nous mais s’ ils tombent c’est le mur ou c’est la maison. Moi ça m’impressionne toujours de voir ces courses et personnellement je ne ferais pas cette course là. J’admire cette course pour ça j’ai un énorme respect pour les gens qui font cette course là mais personnellement moi je ne saurai pas faire la course.

Quand tu passes en mode piste, qu’est ce que tu enfiles pour te préparer à la course? 

Déjà je crois que beaucoup de pilotes ont des rituels avant de s’habiller ou des petits portes bonheurs sur soi. Puis on s’habille quand on enfile le cuir, pour activer l’airbag je fais ca moi même sur les Grand Prix ou c’est mon helper qui le fait pour moi. C’est juste 2 petits clics à faire sur la In&box donc ça va très très vite et puis on se sent “safe” pour partir. C’est vraiment tout simple pour activer l’airbag c’est 2 petits clics et c’est parti. Après on se sent safe et on peut monter en selle.

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