Working with the bestSébastien Charpentier

Sébastien Charpentier

Double champion du monde Supersport en 2005 et 2006 (il est d’ailleurs le premier français à devenir double champion du monde dans cette discipline), Sébastien Charpentier n’a pas porté l’airbag pendant sa carrière de pilote; pourtant aujourd’hui cet équipement est devenu incontournable dans son quotidien de coach et d’instructeur.

Sébastien s’est prêté avec bonne humeur au jeu de l’interview par In&motion et nous avons évoqué sa carrière, la perception de son équipement, son rôle de coach et d’instructeur et sa vision du futur.

25/05/2022 – Photos & Vidéo: Alban Nieroz Studio – Temps de lecture: 10 min

Est-ce que tu peux te présenter ? 

Sébastien Charpentier, né le 26 mars 1973 à la Rochefoucauld en Charente, là ou j’ai un petit peu débuté mes premiers tours de roues sur une piste de karting. J’avais 15 ans.

Donc je vais sur cette piste de karting accompagné de camarades qui étaient déjà un petit peu dans l’action, et à partir de là, je découvre que finalement c’est ce qui m’anime cette passion pour les 2 roues. Voila, les odeurs, le bruit, l’asphalte et tout démarre… C’était en 1988. Puis est venue toute la carrière derrière donc il y avait déjà effectivement cette passion qui était en moi et je pense que j’avais déjà un guidon dans la tête et cette détermination pour devenir un jour champion.

Tu nous parles de cette relation avec le sport qui t’anime, qu’est-ce que tu vas chercher ou retrouver comme émotions et qui font que tu as mené cette longue carrière riche en succès? 

Tout simplement par le fait de comprendre que ce sport qui m’anime m’a aidé à me canaliser, à me faire grandir. J’ai aimé avant tout voyager, faire des rencontres, travailler avec des personnes très fortes dans chacun des domaines pour finir un jour effectivement champion du monde mais jamais à ce moment-là j’aurais pu imaginer cela.

Je venais du BMX, je passais mon temps sur des vélos à faire un peu de freestyle, de la roue avant, de la roue arrière et puis un jour, je rencontre des gens qui me disent “et dis donc il faudrait peut être que tu t’essaies sur circuit parce que tu as du talent et comme tu nous dis que tu veux un jour faire de la moto, il faut commencer” et c’est vrai que c’est cette passion en moi, cette détermination qui a fait que je n’ai jamais rien lâché et pour moi c’était vital. Je voulais avoir cette sensation là quotidiennement, que ce soit voila sur un vélo, sur une moto mais sur un 2 roues depuis mon plus jeune âge, qui a fait que derrière j’ai continué de me construire pour arriver là où je suis aujourd’hui.

Cette sensation là, c’est celle de la compet ? de gagner ? de se dépasser? 

C’est un ensemble de choses en fait, c’est la sensation, c’est le dépassement de soi même, apprendre à se canaliser, à être méthodique dans ta manière de travailler, de t’entraîner. J’ai toujours été très à cheval sur la préparation physique, sur mon alimentation, parce que j’avais la chance de côtoyer d’autres sportifs de différents domaines. J’ai travaillé très tôt ma préparation physique dans le monde de la moto, où je pense qu’à l’époque ce n’était pas encore aussi fort que ça l’est aujourd’hui. Par exemple, aujourd’hui, on peut constater qu’il n’y a pas un pilote dans le paddock qui n’a pas son vélo dans le moto room donc aujourd’hui ils se préparent très durement physiquement à tous points de vue, que ce soit le footing bien évidemment, l’escalade, le cyclisme ou tout sport différent, pour arriver à être un athlète de haut niveau et performer dans leur propre domaine.

Et donc tu nous expliquais comment tu t’étais organisé, quels processus tu as mis en place pour pouvoir atteindre ton niveau à partir de cette passion. Quel rôle a eu ton équipement dans cette recherche de la performance ?

Pour moi c’est simple, le rôle de l’équipement joue le rôle le plus important, c’est à dire que je me dois d’utiliser les meilleurs produits techniques et j’ai toujours été vraiment très pointu pour ca, afin de piloter avec beaucoup d’aisance, me sentir bien dans mon matériels. C’est un point qui pour moi est crucial dans la carrière d’un pilote de haut niveau. Encore aujourd’hui, par rapport à mon rôle de coach ou d’instructeur, j’utilise vraiment les meilleurs équipements techniques pour être bien sur la moto afin de pouvoir bien piloter et faire mon travail correctement.

Tu as une carrière déjà un peu longue, couronnée de beaucoup de succès.  Comment as- tu vu l’évolution de tout cet équipement et quelles sont les innovations majeures que tu as vu arriver? Et comment les as-tu perçu au départ? les premières dorsales, les premiers airbags etc? 

J’ai commencé à l’âge de 14/15 ans et bien évidemment il y a eu des chutes dans ce parcours sportif notamment des fractures au niveau des mains. Sont arrivées ensuite des nouvelles technologies au niveau des gants avec des coques carbones qui aidaient énormément pour éviter toutes fractures. J’ai vu l’évolution des combinaisons pendant presque 30 ans donc l’évolution de  la qualité des protections internes, la qualité des cuirs, les protections au niveau des bottes, les protections dorsales, au début on roulait sans protection dorsale. Aujourd’hui ça paraît inconcevable et aujourd’hui la plus belle évolution technique c’est le fameux airbag. C’est juste exceptionnel de pouvoir être aujourd’hui protégé de cette manière là.

Justement c’est intéressant parce que tu as vécu cette arrivée là, nous on a toujours cette approche d’apprendre de l’usage et des meilleurs et toi ce que tu as vu, les défauts qu’avaient les premiers systèmes et maintenant, est ce que tu as noté une évolution ? Est ce que tu penses qu’on a su être à l’écoute des besoins des top pilotes ?

Je pense que In&motion est aujourd’hui parmi les meilleurs sur le marché. L’avantage c’est que l’équipement est léger, protège tous les organes vitaux, tous les os les plus sensibles aux violents impacts que peuvent subir les pilotes moto pendant une chute. Pour moi, l’évolution elle est juste formidable et vous avez su effectivement travailler dans la bonne direction pour protéger au mieux vos pilotes. Aujourd’hui, pour moi, il n’y aura pas un seul moment sans mon airbag au  moment où je monte sur ma moto.

On en parlait tout à l’heure, dans une bonne partie de ta carrière tu as eu un certains nombres de chutes, à l’époque ce système de protection n’existait pas. Quelle est pour toi la différence entre cette phase de carrière que tu as vécu avant l’invention de ce système de protection et ce qu’elle peut offrir maintenant à un pilote? 

C’est la sérénité de se sentir protéger, de se sentir bien. Moi quand je ferme le cuir, je sais que tout est en route; je peux aborder le circuit de manière sereine et quand même sur un 2 roues, ta combinaison, c’est ta carapace quoi. L’airbag est confortable parce que tout a été bien fait, bien pensé pour être très à l’aise pour piloter et en même temps tu as cette protection maximale qui est là donc effectivement ça rend un petit peu plus détendu dans la tête quand tu te lances sur circuit parce que pilote ou pas pilote, aujourd’hui les risques sont quand même là. Pour mon rôle de coach ou d’instructeur, je roule encore à 300 km/h sur tous les tours donc je me dois d’être protégé de la meilleure manière qu’il soit.

Tu es amené des fois à côtoyer des pilotes, apprentis pilotes, amateurs de tous les niveaux qui vont des fois poser les roues sur une piste pour la première fois. Quelle approche tu leurs transmets sur cette notion de la protection?

Avant tout j’observe, je suis assez observateur dans ma vie et je m’intéresse à ce qu’ils utilisent, que ce soit en termes de motos ou d’équipements techniques. Et je me rends compte qu’il y a encore certaines lacunes qu’il va falloir corriger mais je suis là pour échanger avec eux, partager mon expérience, mes blessures du passé et de celles que j’ai envie aujourd’hui d’éviter. A partir de là, les clients sont à l’écoute, ils sont très intéressés par cette protection et petit à petit on est en train de changer les moeurs et ces gens là cherchent effectivement le confort, la protection et pouvoir rouler en toute sérénité et surtout en limitant la casse quand il y a des chutes et ça je pense que c’est le point pour moi le plus important.

Tu disais tout à l’heure que pour toi c’était dans la logique: tu mets ton cuir, tu mets tes gants, ton casque, ton airbag. Pour toi c’est même maintenant inconcevable de rouler sans alors que tu as fait des années de compétition sans cet équipement, qu’est ce qui a changé? Est-ce  qu’il y a eu un  déclic?

Je pense que le monde dans lequel on vit nous dirige vers ces éléments de sécurité et je pense que c’est quelque chose sur lequel on ne doit pas être insensible. Il faut continuer de persévérer, de travailler, d’expliquer à toutes les personnes qui pourraient aujourd’hui encore hésiter que la vie n’a pas de prix. La manière dont on se déplace sur un 2 roues engendre quand même toujours des risques importants et il faut les limiter donc moi aujourd’hui dans ce que j’utilise, je me sens bien et je me sens protégé et pour moi c’est l’élément clé pour faire de la moto dans de bonnes conditions.

Par rapport à mon passé où je n’ai pas utilisé l’airbag dans ma génération de pilotes, effectivement c’est important pour moi aujourd’hui d’allumer mon airbag le matin dans le camion avant de monter sur ma Honda parce que je passe la journée complète sur ma moto donc je ne pourrais pas rouler sans.

Est ce que ça t’es arrivé d’avoir quelqu’un qui ne croit pas en l’airbag? Que lui dirais-tu ? 

Honnêtement, je n’ai pas été confronté à ce genre de discussion parce que les gens restent assez sensibles quand même au sujet de la protection et de ce que représente le 2 roues. Maintenant, il est clair que pour nous, en tant que pilotes, ou anciens pilotes ou ambassadeurs de grandes marques, on se doit de donner le ton, le bon discours, pour sensibiliser les personnes. Aujourd’hui petit à petit je vois sur circuit, qu’on va dans cette direction là et pour moi c’est une victoire de voir que les gens vont s’équiper avec un système airbag dans un avenir proche. Il y a eu une belle évolution depuis ces 2-3 dernières années.

Qu’est-ce que tu penses qu’il manque pour convertir des gens qui pour l’instant hésitent?

Je pense avant tout qu’il y a peut être parfois pour des personnes, un manque de moyens, mais comme je l’ai déjà dit précédemment, la vie n’a pas de prix. À l’époque, on se déplaçait à moto ou en 2 roues sans casques; on a parlé vélo, il n’y a pas si longtemps que cela, les gens se déplaçaient en vélos sans casques. Il n’y a pas une journée où je ne roule pas sans casques en vélo. Et en moto, à l’époque, des fois on voyait des gens à moto sans casque, aujourd’hui c’est fini. Puis, petit à petit on a mis des gants qui sont devenus obligatoires. Puis ensuite, des vestes de protection, des bottines et puis aujourd’hui des systèmes airbags. Donc petit à petit ça va changer dans la tête des gens et je pense que très peu de personnes rouleront sans airbag dans un avenir proche. Bien évidemment que ce soit sur route comme sur circuit, même si ce n’est pas toujours agréable de s’équiper pour aller juste chercher une baguette de pain mais souvent c’est là que le drame arrive et ce jour là si on avait été bien équipé, le reste de notre vie serait beaucoup plus simple.

Aujourd’hui quand tu vois l’évolution de la compétition de moto, de même la dynamique qu’il y a sur des journées piste, quels sont les éléments qui te font voir la vie sereinement?  

De toute façon je pense que l’important c’est de vivre bien, d’être heureux, d’être dans le calme, la sérénité, et surtout beaucoup de protection, à tout point de vue, qui nous permettra de mieux vivre au quotidien. Et c’est vrai que dans mes différentes casquettes aujourd’hui, c’est que du bonheur de pouvoir transmettre, échanger, de parler des courses qui se sont produites les weekend précédents, de voir ces chutes, ces violentes chutes que peuvent subir encore aujourd’hui les pilotes. Sans toute cette protection technologique, je pense que les pilotes seraient dans de sales états donc ça nous permet encore de voir que la compétition est un vrai laboratoire et pas uniquement sur la moto mais aujourd’hui sur la protection des pilotes. Le corps c’est notre carapace et on se doit d’avoir les meilleures protections pour pouvoir rouler de manière sereine sur les 2 roues.

La chute peut causer des dégâts très graves et ça n’arrive pas qu’aux autres et il faut se le dire tous les jours et quand on monte sur un 2 roues, on est vulnérable et, selon moi, on doit avoir les meilleures protections possibles comme ça on est beaucoup mieux dans sa tête.

Je pense que j’ai réappris à marcher 3 fois dans ma vie et ça c’est pas très rigolo. Quand on te met debout, qu’on te sors du lit à l’hôpital et que tu réapprends à marcher, que tu ne sais plus faire les pas, c’est compliqué et que derrière ça il va falloir remonter sur une moto. Crois moi bien que tous ces éléments de sécurité, je ne les prends pas à la légère. T’as un contrat et les gens t’attendent pour une chose, c’est pour remonter sur la plus haute marche.

Aujourd’hui avec ce recul, une carrière avec des titres, des chutes. Quand on voit qu’un impact de la chute peut être à l’instant T, ça peut faire perdre du temps…..

C’est de toute façon une frustration. Les pilotes on aime pas tomber, on perd du temps. Ca peut être une faute du pilote mais derrière tu as parfois des conséquences graves. Après les chutes, il faut savoir se reconstruire. Parfois, tu n’y arrives pas, parfois ça prend des mois et les séquelles sont parfois aussi très lourdes de conséquences. Pour moi aujourd’hui, ma génération de pilotes et mon futur, je ne me vois pas rouler sans le meilleur airbag, sans la meilleure protection. Et c’est aussi ce message que je veux et que je tiens à faire passer chaque weekend avec mon rôle de coach, d’instructeur. C’est le point pour moi le plus important et on ne doit pas négliger ça parce que la santé n’a pas de prix. La moto doit rester un plaisir et puis surtout si on a envie d’en refaire dans de bonnes conditions parce qu’on aime bien rouler sur circuit pour certains, mais croyez moi qu’en dehors il y a pleins de pilotes ou des personnes qui vont venir prendre des cours sur circuit qui  adorent rouler sur la route. Donc sur la route comme sur circuit on doit bien s’équiper.

Pour moi aujourd’hui, tout ça c’est un sens logique que ce soit sur circuit comme sur route. Je me dois d’utiliser les meilleures protections, c’est ce qui va amener le calme en moi, la sérénité. J’ai cette passion pour le 2 roues et je ne me vois pas rouler sans la meilleure protection. J’ai assez donné dans ma carrière avec des blessures qui auraient pu certainement être évitées en utilisant l’airbag à ce moment-là. Cette avancée technologique aujourd’hui, on ne peut pas s’en priver, on va continuer de donner du sens à tout ça et d’expliquer aux personnes que c’est un élément de sécurité qu’on ne doit pas négliger.

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