Working with the bestStéphane Lacaze

Stéphane Lacaze

Stéphane est Rédacteur en chef de Moto et Motards. Nous lui avions d’abord timidement parlé de notre projet d’AirbagRevolution en 2016… et puis rapidement, dès que notre premier airbag est sorti sur le marché, Steph n’a pas hésité à le tester… et à pousser le test en condition réelle un certain nombre de fois.
Nous avons évoqué son rapport à la moto, cette passion qu’il transmet à son fils et sa vision de demain. Nous sommes fier de compter Steph parmi nos ambassadeurs.

03/06/2022 – Photos & Vidéo: Alban Nieroz Studio – Temps de lecture: 10 min

Peux-tu te présenter ? 

Je m’appelle Stéphane Lacaze, je suis rédacteur en chef du magazine Moto et Motards. J’ai une famille, une femme qui me supporte depuis 22 ans, ça commence à faire long pour elle plus que pour moi je pense ! Un grand fils de 15 ans et demi et j’ai la chance d’habiter une région qui est assez propice au sport de toute nature qui est le Var et puis j’aime bien les trucs qui procurent des sensations et de l’adrénaline donc j’ai souvent l’occasion de me faire mal.

La moto ça représente quoi pour toi?

La moto c’est quelque chose qui m’a toujours accompagné depuis que  je suis tout petit alors ça a commencé par la voiture mais la voiture coûte tellement cher et le karting coûte tellement cher que je suis venu très vite à la moto parce que j’ai compris que pour un investissement raisonnable on pouvait vraiment se faire des grosses sensations. À l’époque c’était quelque chose qui se faisait peu, je me souviens que j’avais des idoles à la télé que je regardais en Grand prix qui posait le genou par terre avec des sliders et dès que j’ai pu acheter une paire de sliders, j’ai demandé à ma mère de coudre des bandes velcros sur mon jean pour les accrocher dessus et pour essayer de poser le genou par terre sur la route. Ce qui n’était probablement pas la chose la plus intelligente que j’ai faite dans ma vie, depuis j’ai fait nettement pire donc, la moto ça a commencé comme ça et puis en fait ça ne m’a jamais lâché. C’est quelque chose qui procure des sensations, ça prend aux tripes, c’est quelque chose qu’on ressent vraiment, je ne me sent jamais autant vivant que quand je roule en moto clairement.

Tu pratiques la moto sur route et sur piste?

J’ai pratiqué la moto au début surtout en tout-terrain et puis ensuite surtout sur la route et puis sur circuit et puis mon métier a fait que j’ai continué à essayer un petit peu dans toutes les conditions que ce soit en tout-terrain sur la glace ou sur la piste sur circuit. C’est justement ce côté très riche en sensation de toute nature qui fait qu’on ne peut pas s’ennuyer en moto parce qu’il y a tellement de déclinaisons différentes de la moto donc on parle tous le même langage mais pas avec le même accent et c’est quelque chose d’assez sympa.

Tu fais partie des rares privilégiés de la presse française qui a la chance ou l’honneur de rouler avec des MotoGP. Tu as pratiqué la moto quand même à un certain niveau?

Oui, alors j’avais commencé à pratiquer la moto et à faire du sport moto en amateur. Le boulot a fait que j’ai pu plus facilement aussi participer à des courses un peu internationales. Je crois que j’ai fait 4 fois les 24 heures du Mans, 4 fois le Bol d’or, les 24h de Barcelone, quelques podiums à droite à gauche, ça enrichit un petit peu ma culture motocycliste.

J’ai aussi pu faire de l’enduro, du rallye Raid, un petit peu de tout et à chaque fois on a le même le même ressenti, c’est de chercher les limites de la moto, chercher les siennes et puis essayer de comprendre un petit peu où sont ses limites pour aller plus loin et forcément ça ne se termine pas toujours bien parce qu’à force de flirter avec les limites, on les trouve.

Comment as-tu vu évoluer l’équipement de motards sur ces années de carrière?

Je crois que j’ai commencé la moto à la fin des années 80. J’ai fait de la compétition à partir du début des années 90 et ça a énormément changé mais heureusement que ça a changé en termes de protection du pilote déjà parce que les vitesses ont également énormément évolué ça va beaucoup plus vite qu’à l’ époque mais à l’époque moi je me souviens que la première course de supermotard que j’ai faite, on avait des tenues cross pour rouler sur du bitume et ça ne posait de problèmes à personne. La combinaison en cuir est devenue obligatoire quelques années après et les combinaisons en cuir ont également beaucoup évolué, les bottes aussi, les gants aussi, les casques ont fait beaucoup de progrès, les run off, les échappatoires sur les circuits c’est aussi des choses qui ont contribué à limiter l’impact des accidents mais on est resté ensuite pendant assez longtemps à stagner en quelque sorte : on ne peut pas faire beaucoup plus résistant qu’un cuir, on ne peut pas faire beaucoup plus épais. Ça évolue en termes de confort, de fitting, au niveau des bottes et des articulations pour les chevilles également mais au final ça n’avait pas beaucoup changé jusqu’à l’apparition de l’airbag il y a 7 ou 8 ans.

Comment as- tu vu l’évolution de tout cet équipement ?

Alors quand l’airbag est arrivé très franchement au début j’étais pas convaincu par le produit parce que je voyais plus les contraintes que ce ça pouvait m’apporter. Déjà le côté filaire, le fait qu’il faille s’accrocher à la moto ça me gêne déjà pour une question d’efficacité parce qu’il n’y a pas deux chutes identiques à moto et on peut parfaitement se retrouver bloqué sous sa moto avec l’airbag qui ne se déclenche pas donc ça ne me plaisait pas beaucoup. En plus c’était encombrant il y avait le côté où il fallait mettre par-dessus son blouson par-dessus son cuir et après c’est le motard de base qui parle mais, quand on a investi dans un cuir un petit peu sympa on n’a pas spécialement envie de gâcher le look que ça donne avec un gilet de sauvetage donc je n’étais pas spécialement séduit par contre, du fait de la pratique que j’avais de la moto j’ai toujours porté une dorsale, j’ai toujours une protection au niveau du dos et quand le gilet airbag est arrivé au final je me suis dit que ça ne changeait pas grand-chose parce que c’était une dorsale sous forme de gilet donc ce n’était pas plus encombrant. Il n’y avait finalement que très peu de contraintes et puis au contraire l’hiver ça tenait chaud donc j’ai trouvé ça plutôt sympa et puis mon boulot fait que je suis amené à essayer les produits moto donc naturellement moi j’en ai eu un assez rapidement en test.

En terme de test tu es allé au bout ! C’est de la conscience professionnelle ? 

Alors la conscience professionnelle a fait que j’ai testé assez rapidement l’airbag et oui je sais que je n’ai pas été le premier journaliste à déclencher en France mais je suis certainement le premier journaliste français à avoir déclenché aux États-Unis. C’était pour une présentation presse et je me suis retrouvé à faire un high side sur la route avec une moto parce que le cumul de décalage horaire, fatigue, etc. a fait que je n’était plus suffisamment lucide pour savoir exactement ce que je faisais et je me suis laissé un petit peu emporter par l’enthousiasme. Je suis allé taper une paroi, la moto est revenue dans l’autre sens, elle m’a envoyé en highside par-dessus et à ce moment-là je m’attendais vraiment au pire parce qu’on tombe de haut, les highsides c’est quand même les pires chutes qu’on peut connaître en moto, et j’ai senti l’airbag se déclencher quand j’étais à la verticale de la moto et très franchement à l’atterrissage je m’attendais à me faire une vertèbre, même avec la dorsale, je pensais que ça aller être vraiment raide et en fait j’ai eu l’impression d’atterrir sur un matelas, c’est vraiment la sensation que ça m’a fait. J’ai eu le sentiment d’avoir les cervicales complètement bloquées, protégées et d’atterrir sur quelque chose qui amortissait complètement le choc et, le fait est que déjà je me suis relevé, j’avais mal au talon, mais ça l’airbag n’aurait pas pu faire grand-chose. Par contre je n’avais aucune séquelle sur le haut du corps et le lendemain je n’ai même pas eu une seule courbature et je pense que tous ceux qui sont tombés à moto pourrons vous le dire, en général sous l’effet du choc on a tendance à se crisper et le lendemain on n’est pas bien, on est raide, on fait joué un petit peu les muscles et on se dit qu’on est allée un petit peu trop loin et là rien du tout, j’ai dormi comme un bébé. Quand je me suis réveillé je n’avais pas une seule courbature et ça j’avoue que ça m’a vraiment surpris.

Et comme je suis quelqu’un qui aime bien aller jusqu’au bout de ses essais, 15 jours après j’ai redeclenché le même airbag, après avoir changé la cartouche, sur circuit cette fois et puis comme je choisis aussi mes endroits, c’était la courbe de Signes sur le circuit du Castellet c’est-à-dire l’un des virages les plus rapide de France, j’ai perdu l’avant pendant les qualifications d’une course et je me suis retrouvé à peu près à 160 km/h en train de glisser sur le ventre et là l’airbag ne s’est pas déclenché tout de suite parce qu’il était en mode piste donc sur un lowside, c’est à dire quand on perd l’avant on a pas envie que ça se déclenche parce que en général il se passe rien, et l’airbag s’est déclenché au moment où je suis passé sur le vibreur et où j’ai commencé à faire un roulé boulé et là, même chose ça m’a parfaitement maintenu. Mais n’empêche que le lendemain j’ai pu participer à la course pour laquelle je roulais et terminer sur le podium donc je vais pas dire que c’était à 100 % grâce à l’airbag mais ce qui est sûr, c’est que sans lui ça aurait été beaucoup plus difficile.

Quelle est ta façon d’appréhender la moto au niveau de l’équipement que ce soit au niveau piste ou route ? Est-ce qu’il y a une différence et si oui pourquoi ?

Il y a des points communs. Le premier point commun c’est qu’on a envie d’oublier complètement son équipement que ce soit sur route ou sur piste il ne faut pas que ça provoque la moindre gêne au niveau des mouvements donc pour moi c’est déjà vraiment super important et à chaque fois que je choisis un équipement que ce soit un blouson, un casque, des gants, des bottes ou un airbag, je n’ai aucune envie d’être limité dans mes mouvements parce qu’on doit faire corps avec sa moto et on doit tâcher de dominer sa moto en toute circonstance donc ça veut dire vraiment être au mobile sur sa machine, pouvoir jouer avec les appuis de repose pied, changer de position très rapidement et on ne veut pas d’entrave quand on fait ça. Donc il y a un cran supplémentaire pour moi qui est atteint sur piste où tout va beaucoup plus vite et tout est beaucoup plus violent et on a aussi l’effort physique qui rentre en ligne de compte. Ceux qui font de la piste savent que c’est pas parce qu’on voit la moto qu’on est passager de sa moto c’est tout le contraire donc on a on a envie d’avoir quelque chose de léger quelque chose qui non seulement ne gêne pas mais qui permet aussi d’avoir un petit peu d’air, de ne pas avoir trop chaud et, de ce côté là en fait, les nouveaux équipements permettent de vraiment se sentir beaucoup mieux beaucoup plus longtemps.

J’ai connu des combinaisons en cuir où on avait vraiment du mal à se mettre en position où il fallait forcer systématiquement, qui s’alourdissaient quand il pleuvait parce que ça pompait l’eau. Aujourd’hui, on n’est plus du tout là-dessus et l’airbag s’est parfaitement intégré à cet usage là, on l’oublie complètement dès qu’on commence à rouler alors sur circuit c’est une très bonne chose de l’oublier complètement et sur route on est quand même content la plupart du temps d’avoir d’avoir ce gilet supplémentaire parce que ça fait une couche de plus et qu’en fait ça protège aussi du froid et l’hiver c’est pas mal du tout donc c’est quelque chose que moi j’ai complètement intégré.

Le rapport entre les petites contraintes qu’on peut avoir et le bénéfice risque en cas d’accident fait qu’on ne pose même pas la question au moment de prendre le gilet. On ne se pose pas la question au moment de prendre son casque et moi je ne me pose plus la question au moment de mettre mon airbag.

Est ce que pour toi c’était une transition logique ou il y a eu quelque chose qui a fait le déclic?

Oui ça a été quelque chose de relativement naturel dans le sens où à un moment on va tous dans le sens de l’histoire. Il n’y a plus personne aujourd’hui qui va aller contre l’efficacité des ceintures de sécurité, du casque obligatoire ou du siège pour enfants à l’arrière de la voiture. On a été élevé comme ça. Moi, quand j’étais gamin, j’étais à l’arrière sur la banquette de la voiture de mes parents et puis j’étais entre les deux sièges et je trouvais ça parfaitement normal et pourtant quand j’ai eu mon enfant il était hors de question qu’on fasse le moindre trajet sans qu’il soit harnaché dans son siège auto. Et je pense qu’ aujourd’hui on est quand même plus conscient et plus lucide par rapport aux risques des accidents et surtout on nous offre la possibilité de limiter les conséquences en cas d’accident. Donc l’airbag à partir du moment où il impose un minimum de contraintes et où j’ai pu vérifier qu’il est efficace et qu’il protège et qu’il se déclenche vraiment quand on n’en avait besoin, ça a été quelque chose que j’ai adapté très très vite que ce soit sur le circuit ou sur la route.

Quelle réponse tu fais aux personnes qui sont plutôt dans l’objection ?

La plupart des gens qui ne sont pas persuadés de l’utilité de l’airbag c’est parce qu’ils n’en n’ont jamais vu un fonctionner. A partir du moment où on t’explique comment ça marche où tu comprends qu’il y a quand même des gens qui ont bossé sur des algorithmes, sur des cartouches, sur des déclenchement, sur des zones de protection ça ne s’est pas fait non plus en un jour. Il y a aujourd’hui des millions de kilomètres qui ont été parcourus pour valider tout ça. Donc ce qu’on a aujourd’hui c’est vraiment le résultat de tous ces efforts et à moins d’être un adepte de la théorie du complot, il n’y a pas de raison que ça ne fonctionne pas.

Pour l’avoir expérimenté, je sais que ça marche dans des conditions différentes. En plus aujourd’hui avec les airbag on offre la possibilité d’avoir des algorithmes adaptés à l’usage que l’on a : c’est-à-dire qu’il y a un algorithme pour la route, un algorithme pour la piste, pour le tout-terrain puisque maintenant l’airbag est obligatoire au Paris-Dakar. Il y a quand même des raisons aussi pour ça.

En fait, les gens qui ne sont pas persuadés du bien-fondé de l’airbag c’est plus par méconnaissance et par manque d’informations que parce qu’ils ne veulent absolument pas ça. Je n’ai connu personne qui ne voulait pas entendre parler de l’airbag parce qu’il trouvait ça dangereux. Je pense qu’aujourd’hui que les gens sont prêts à comprendre que ça fait vraiment partie de l’équipement d’un motard et qu’il n’y a pas de raison de s’en passer à partir du moment où l’on comprend vraiment tout l’intérêt que ça peut apporter en termes de réduction de conséquence d’un accident.

On parlait de ces belles années de moto, comment tu vois l’évolution de la pratique et l’évolution autour des équipements?

Je pense que la pratique va perdurer dans le temps. Ce n’était pas toujours le cas avant car souvent tu étais victime de ta passion et après deux ou trois gamelles tu en avais un petit peu marre, ton corps te disait stop et il fallait arrêter.

Avec l’évolution des protections, l’apparition des airbags et en sachant que ce n’est pas une carte chance ce n’est pas ce qui va te permettre de te sortir de toutes les situations mais quand même ça permet vraiment de limiter au maximum les conséquences, tu peux continuer à pratiquer la moto très longtemps. Raison pour laquelle à cinquante ans passés, je continue à faire mes conneries et je n’ai pas envie de m’arrêter tout de suite parce que je prends toujours autant de plaisir et je me dis que j’ai réussi à limiter au maximum les conséquences les fois où ça s’est mal passé donc je pense que déjà ça va permettre à des gens de pratiquer la moto et même de plus en plus tard en âge parce que justement on est mieux protégé donc il y a moins de conséquences en cas d’accident et de l’autre côté de commencer de plus en plus tôt.

Quand j’ai mis mon fils à la moto, alors je suis peut-être le mauvais exemple parce que pour quelqu’un qui passe son temps à rouler en général plutôt vite sur route comme sur piste je n’ai pas voulu qu’il en fasse sur route parce que c’est compliqué aujourd’hui de lâcher un minot dans la circulation en se disant que tout va se bien se passer. Le trafic est devenu différent, les conditions de circulation sont différentes mais par contre je lui fais faire du circuit parce que je ne vois pas pourquoi je l’interdirais de faire ça, au contraire, mais la condition c’était d’avoir un équipement complet et l’airbag. Il ne fait jamais de piste sans son airbag, il est ravi d’avoir son airbag, sa mère est rassurée, moi je suis rassuré et je pense qu’il le prend comme un loisir.

J’ai toujours été compétiteur, lui il a envie de sensations ce que je respecte totalement je ne vais absolument pas le pousser vers la compétition, par contre au moins il peut le faire en étant tranquille. Finalement il est tombé une fois en moto sur piste et ça a eu moins de conséquences sur lui que les gamelles qu’il a pris en VTT en faisant des descentes un petit peu rapides.

Donc, je pense que ça va aller dans les deux extrêmes, on va pouvoir commencer de plus en plus tôt en toute sécurité en laissant faire ses enfants et on va pouvoir continuer de plus en plus tard sachant qu’on est protégé et qu’on ne va pas forcément se casser quelque chose ou avoir des grosses séquelles en cas de chute. Et puis à l’avenir je pense que l’airbag va devenir de plus en plus petit de plus en plus intégré à nos équipements et qu’on va finir par l’oublier et que ça fera partie de l’équipement standard d’un motard qui se respecte.

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